Comprendre l’open source
A l’ère numérique, l’open source est partout : 96% des codes informatiques contiennent des composants en « source ouverte », c’est-à-dire mis à disposition du plus grand nombre par leurs auteurs, à certaines conditions. En 2024, 41,4% des sites Web étaient par exemple gérés via la solution open source WordPress. Comment expliquer un tel succès ?
La doctrine du code source ouvert
80 % à 90 % des logiciels utilisés dans le monde sont des logiciels libres. Cela signifie que leur code est accessible et peut être utilisé, copié ou modifié par n’importe quelle personne compétente, sous réserve de respecter les conditions de la licence : bien souvent, s’engager à publier à son tour en open source les altérations faites. La part restante regroupe les « logiciels propriétaires », édité par des auteurs privés qui sont seuls à pouvoir le faire évoluer.
Les hyperscalers changent la donne
Outre une grande autonomie, la philosophie de l’open source s’appuie sur des principes de collaboration, de contribution, de transparence et soutient le libre échange de connaissances au sein de communautés actives. Or, depuis l’avènement des géants du cloud que sont AWS, Google Cloud et Microsoft Azure, des piliers de l’écosystème open source ont fait évoluer leur modèle pour limiter l’exploitation commerciale de leurs solutions par des tiers. Mais récemment, certains acteurs comme Elastic ont semblé rétropédaler.
Quel impact pour les entreprises ?
82% des responsables informatiques se disent plus enclins à choisir un fournisseur qui contribue à l’open source, ce qui témoigne de l’intérêt porté à cette approche, vue comme un levier de transparence, d’indépendance et de compétitivité pour les entreprises. Les avantages de l’open source pour les organisations sont en effet nombreux : il stimule l’innovation, réduit les coûts de développement, permet l’adoption plus rapide de technologies émergentes… Mais surtout, il modère la dépendance aux fournisseurs de technologies en autorisant les entreprises à passer outre les écosystèmes propriétaires et le marché des licences, détenu en grand majorité par de grands groupes américains.
La décision récente de l’administration d’un Land allemand de migrer vers une suite bureautique libre illustre bien cette quête de souveraineté numérique et d’économies ! Le secteur privé s’inscrit lui aussi dans cette dynamique communautaire. Le groupe industriel Thales a par exemple développé un outil qui facilite l’utilisation sur ordinateurs portables de la plateforme open source Kubernetes.
Dans le champ des solutions d’intelligence artificielle, la France a réitéré lors du Sommet pour l’action sur l’IA son soutien aux modèles ouverts, notamment en rejoignant le partenariat Current AI. Une initiative parmi d’autres pour faire de l’open source un outil stratégique de souveraineté numérique, garantissant transparence et innovation ouverte.
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