Points de vue croisés sur l’open source
L’open source peut être abordé sous des angles différents selon les spécialités. Nous avons cherché à comprendre les enjeux juridiques et technologiques qui entourent cette approche avec Gilles Rouvier, avocat spécialisé dans l’open source, Pierre Baudracco, président de l’éditeur de messagerie collaborative open source BlueMind, du Conseil National du Logiciel Libre et du Hub Open Source Systematic, ainsi que Nordine Benkeltoum (ParisTech).
Comment peut-on définir l’open source ?
Nordine Benkeltoum — « Si l’open source diffère du « free software » dans la terminologie, il s’agit en fait de la même chose : une idéologie libertaire autour de la technologie, fondée sur les libertés d’exécution, d’étude, de modification et de distribution. »
Pierre Baudracco — « Plus qu’un secteur ou qu’une technologie, c’est une façon de faire dans laquelle on partage la source, le code, ce qui a permis de construire le programme. L’esprit open source dépasse donc le cadre de l’informatique : en sciences par exemple, c’est naturel de fonctionner ainsi. »
Nordine Benkeltoum — « Oui, on peut pratiquer l’open source, entendu comme un ensemble de conditions de diffusion d’une technologie, dans tous les secteurs. On observe ainsi l’émergence d’un mouvement open hardware avec la démocratisation des imprimantes 3D, open data pour tout type de données de collectivités ou encore OSINT pour les activités de renseignement en source ouverte. »
Gilles Rouvier — « L’open source est en effet mis à toutes les sauces mais attention à ne pas le galvauder. Pour ma part, je m’en tiens au sens strictement informatique de capacité de mettre à disposition d’une communauté le code source d’un logiciel. Et déjà avec cette définition, j’observe que la partie juridique de l’open source, les licences soit le contrat entre créateur et utilisateur, est souvent mal appréhendée. »
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