Renting Art : du collaborateur spectateur au médiateur culturel
Spécialiste de l’art contemporain, Renting Art offre une passerelle entre la sphère artistique et celle de l’entreprise depuis 20 ans. Nous avons rencontré son fondateur, Éric Lévy, afin d’en savoir plus sur l’activité de l’agence, notamment à Capital 8.
Pouvez-vous nous en dire plus sur la mission de Renting Art ?
Eric Lévy : « Le concept a beaucoup évolué depuis sa création à New York, mais l’idée de départ a toujours été d’apporter de l’émotion dans l’univers de l’entreprise. Contrairement à une galerie ou à un marchand d’art, nous louons des œuvres et proposons des services de médiation pour que chacun puisse s’en saisir. Trop souvent, l’art au bureau est une affaire de coup de cœur des dirigeants qui imposent un artiste à tout le monde. Chez Renting Art, nous faisons un autre pari : nous pensons que le renouvellement périodique des créations et nos expositions clés en main permettent de dépasser la simple fonction décorative et d’intéresser le plus nombre à la démarche artistique. Dans un contexte où il faut redonner envie de se rendre au bureau, c’est une nouvelle façon d’animer l’espace de travail. »
En quoi l’intégration de l’art au bureau contribue-t-elle à la transformation de la société ?
EL — « Ce mouvement rejoint celui de l’art dans l’espace public : faire des fresques autour du périphérique ou exposer en entreprise, c’est donner à voir le processus créatif, c’est démocratiser l’art plutôt que de le collectionner. Il y a 20 ans, les entreprises qui faisaient appel à nous cherchaient essentiellement à travailler leur image auprès de visiteurs extérieurs. Aujourd’hui, le projet Capital 8 est représentatif d’un changement d’état d’esprit : les vernissages, les rencontres artistes ou les conférences thématiques que nous organisons autour de l’art sont en premier lieu destinées aux résidents. Quand nous programmons un tour des œuvres exposées sur la pause méridienne, l’objectif est bien sûr de donner des clés aux équipes pour qu’elles se les approprient, mais aussi de contribuer à leur bien-être. On offre ainsi une parenthèse qui permet de prendre le temps de se confronter à l’œuvre et c’est le plus important, car, avec l’art, il n’est pas question de savoir, mais de ressenti ».
Comment cela se traduit-il à Capital 8 ?
EL — « Capital 8 est un immeuble que nous connaissons depuis longtemps, car nous y animions déjà un dispositif d’art numérique avant sa transformation. Ce dispositif a été repensé, déplacé et enrichi par des animations au sein des écrans dans les ascenseurs. Tous les deux mois, nous proposerons de nouvelles œuvres d’art numérique en fonction d’une thématique selon la ligne éditoriale conçue pour Capital 8. Pour composer cette sélection, nous piocherons dans notre catalogue de près de 10 000 œuvres réalisées par plus de 250 artistes plus ou moins connus. Notre ambition est d’impliquer les résidents dans ce processus de curation pour qu’ils deviennent eux-mêmes médiateurs. Une œuvre monumentale sera également présente pour un temps événementiel à l’automne dans un objectif de sensibilisation à travers l’art. »
L’art contribue-t-il à ralentir pour mieux accélérer ?
EL — « Oui, c’est certain, car admirer une œuvre, c’est faire un pas de côté, prendre le temps de comprendre une démarche, essayer de comprendre l’autre. C’est une invitation à l’ouverture et à la contemplation. Comme toute pause, elle est importante pour mieux définir ce que l’on veut après. L’art aide donc à se mettre en mouvement plus rapidement et à porter un autre regard sur notre société. »
« Pour notre équipe, c’est un vrai privilège de diffuser des artistes dans des environnements pas forcément faits pour eux : » Avec cette phrase, Éric Lévy résume l’essence même de la collaboration entre Renting Art et Capital 8 : mettre en relation des univers qui peuvent paraitre éloignés et entretenir le lien entre les publics qui profiteront des œuvres.
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